Charente Limousine
Patrick SERVANT
p.servant@charentelibre.fr
Ils sont arrivés du Morbihan hier. Cette semaine, ils vont parcourir la région à la découverte de ses monuments et de son patrimoine. Les vingt-huit écoliers bretons de cours élémentaire et cours moyen sont à pied d'oeuvre avec leurs instituteurs à Lessac, commune qu'ils ont découverte hier par la meilleure façon qui soit, à pied, à l'occasion d'une randonnée qui les a menés aussi au château de Saint-Germain-de-Confolens.
«Toute l'année, note Eric Pinaud, le maire de Lessac, nous avons des classes qui viennent de toute la France dans le cadre des classes Histoire et Patrimoine qu'organise la Fédération charentaise des oeuvres laïques (FCOL)». Mais ces classes dédiées à la découverte du patrimoine local et régional ont un peu de mal à se faire une place au soleil, surtout si on les compare aux trois autres sites gérés par la FCOL, à La Bourboule (Puy-de-Dôme), site dédié aux classes de neige et à la découverte du volcanisme; à Saint-Lary (Hautes-Pyrénées), dédié aux classes de neige et aux vacances de printemps et à Saint-Yrieix, aux portes d'Angoulême, site dédié à la voile.
«C'est sûr qu'on a un peu de mal à faire vivre ces classes Patrimoine, reprend Eric Pinaud. Chaque année, on n'accueille entre trois et sept classes. Ce n'est pas assez».
L'histoire des classes Histoire et Patrimoine à Lessac remonte au maire précédent, Paul Lévy, qui était enseignant d'Histoire. Et toujours très volontaire pour valoriser le patrimoine local. Au-dessus de sa mairie-école, il y avait de la place dans les anciens appartements des instituteurs, alors vides. A l'aube des années 2000, il a transformé cet espace. Aujourd'hui, les deux étages comptent trente et un lits, en chambres de deux à quatre couchages.
Des liens à tisser
avec Chassenon
Prenant le relais en 2008, et pour doper la fréquentation du site, Eric Pinaud vient d'embaucher Agnès Baudry. Objectif: doper la communication autour de ces classes Patrimoine et en assurer la gestion. «Elle fourmille d'idées, se félicite Eric Pinaud, et comme c'est une passionnée d'archéologie, il y a sûrement des liens à tisser avec Chassenon. On va aussi nouer de nouvelles relations avec le Domaine de Boisbuchet sur notre commune, spécialisé dans le design et l'art contemporain».
Michel Buisson, le directeur de la FCOL, comprend le souci du maire de Lessac: «Il y a toujours eu quelqu'un à la mairie de Lessac pour encadrer ces classes. Paul Lévy, le premier, jouant en quelque sorte le rôle de directeur. Et à ses côtés, il y a toujours eu un emploi aidé pour gérer en direct la structure. De notre côté, on assure une bonne communication dans l'ensemble du réseau de la Ligue de l'Enseignement, en particulier dans un catalogue qui sort au niveau national. Mais on se heurte à deux difficultés: d'une part la capacité de Lessac, trente et un lits alors qu'un bus, c'est cinquante places, d'autre part, assez peu d'écoles en France ont l'Histoire et le Patrimoine comme projet pédagogique. Ceci dit, accueillir en moyenne sept classes par an à Lessac, vu les moyens engagés, ce n'est pas si mal que ça».
Pour Eric Pinaud, qui souligne que quand deux classes arrivent ensemble, il en loge une partie au village de vacances de Brillac, il faut faire plus. Mieux valoriser ce site aux confins du Limousin et du Poitou. Et cela n'empêche pas les lits d'accueillir d'autres visiteurs le reste de l'année: des randonneurs, assez fréquemment, et durant la période du Festival de Confolens, les équipes son et lumière de la manifestation.
Futuroscope, grottes et châteaux
Après une randonnée pédestre hier à Lessac, Sainte-Radegonde et menant jusqu'au château de Saint-Germain-de-Confolens, les petits écoliers du Morbihan sont aujourd'hui partis à la découverte des grottes du Chaffaud
à Savigné (Vienne) et du site archéologique gallo-romain de Chassenon. Demain mercredi, grande journée au Futuroscope de Poitiers. Jeudi, c'est journée châteaux, avec la visite successive du château de Rochebrune à Etagnac, puis du château de Peyras, à Roumazières. Vendredi, avant le retour vers le Morbihan, les jeunes doivent à nouveau faire un crochet par le château de Saint-Germain.
