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LE CRICKET TROUVE TERRAIN À SON PIED À MANSLE
Jo Larter, le président du seul club charentais, donne rendez-vous demain à tous les fans pour assister à la première rencontre de son équipe à domicile
06.06.2009
Sylviane CARIN
Joseph Larter a joué autrefois au cricket avant de devenir arbitre. Pour la tenue, il faut du blanc, casque et protections • photo Phil Messelet
Reproduction interdite
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D'abord ne pas confondre les criquets qui stridulent dans les prés et le cricket qui va se jouer demain après-midi à Mansle. Les premiers produisent leur chant par le frottement de leurs ailes. Le second, moins ailé mais tout aussi zélé, pourrait revendiquer l'expression «qui s'y frotte s'y pique».
Ce sport, qui oppose deux équipes de onze joueurs sur un terrain en demi-lune, interdit le contact. D'un côté, il y a le lanceur qui essaie de dégommer les témoins qui figurent sur le guichet. En face, il y a le batteur qui tente de l'en empêcher. Le tout sous le regard des équipiers qui doivent récupérer la balle. Les équipes se succèdent sur le terrain au fil des ratés. Celle qui marque le plus de points l'emporte. Voilà succinctement résumée une discipline qui ne demande qu'à être connue en Charente.
Joseph Larter, Jo pour les intimes, ne désespère pas. Après deux ans de recherches obstinées et intensives, le potier de Mouton vient de trouver une aire de jeu officielle. Au bout de l'hippodrome de Mansle. L'équipe de cricket d'Angoulême, celle de ses trois fils, ne sera plus obligée de jouer toutes ses rencontres à l'extérieur: à Bordeaux, Saint-Aulaye et Aimé en Périgord ou encore à Catus dans le Tarn comme le week-end dernier. Désormais, les poulains de Jo évolueront à la maison une fois sur deux. Mansle leur a aménagé une «scène» au bord de la Charente.
Les vaches ont testé le terrain
Pascal Labrune, maire adjoint, a été séduit par l'idée. «Il y a beaucoup de Britanniques dans le secteur qui peuvent être intéressés.» Les employés municipaux ont coulé une dalle en calcaire de 25 mètres de long sur 2,50 mètres recouverte d'une toile de jute. Le champ est rasé de près tous les dix jours. La commune fournira même les chaises ce week-end. Pas besoin d'amener son pliant et son parasol. «Il y a de quoi pique-niquer et il y a un débit de bière à côté. Le cadre est magnifique», s'enflamme Jo, pas mécontent de pouvoir enfin servir la soupe à ses adversaires. Pardon, partenaires. Car c'est le sport «le plus fair-play du monde» si l'on en croit cet homme qui cumule les fonctions de président et d'arbitre du club.
Le capitaine Shakhil Kayani, né à Hong Kong, est aussi l'entraîneur des 16 licenciés de toutes origines: britanniques, espagnols, pakistanais, etc. «Ce n'est pas hypertechnique. C'est à la portée de tous ceux qui sont un peu sportifs», rassure Jo soucieux d'attirer de nouveaux joueurs. Il rêve d'ouvrir une école de cricket et d'inviter des équipes «qui ont de la bouteille» à Mansle. Rien ne vaut une bonne démonstration pour comprendre ce drôle de jeu né au XVIIIe siècle en Angleterre. A Mansle, quelques vaches ont testé le terrain en avant-première. Elles n'ont laissé que quelques bouses pour témoigner de leur passage. Le cricket, comme les criquets, sent bon la campagne.
Le match Angoulême-Bordeaux
demain à 13h est une rencontre
au sommet entre les deux premiers
de cette poule Sud-Ouest comptant
pour le championnat de France.
Gratuit. Heure de fin non communiquée.
