Sud Barbezieux 
Depuis près d'un an, rien ne va plus entre le maire Joseph Rousselière (à gauche) et son ancien premier adjoint Jean-François Baudet. Photo archives B. C.
Le conseil municipal de Brossac est assis sur une bombe à retardement. Depuis la crise du mois d'avril, le torchon continue irrémédiablement de brûler entre le maire Joseph Rousselière et son ancien premier adjoint, Jean-François Baudet. Au fil des mois, le malaise s'est sensiblement aggravé et le groupe d'opposition créé par le second dès son éviction, vient de demander à la sous-préfecture de Cognac la dissolution pure et simple de l'assemblée communale ou, à défaut, «des élections complémentaires sur le poste de conseiller vacant, afin de permettre au conseil de retrouver une majorité.»
Mis en sérieuses difficultés au printemps, Joseph Rousselière ne doit son maintien aux affaires qu'à un providentiel revirement. Mais il y a cinq mois, il a de nouveau perdu la majorité, quand une conseillère a démissionné de ses fonctions. «Si bien qu'en septembre, le conseil est passé à sept contre sept», détaille Didier Maudet, membre du «Groupe d'union pour l'avenir de Brossac» conduit par Jean-François Baudet. «La situation est devenue absolument intenable.» Un point de vue que partage tout à fait Joseph Rousselière. «Des fois ils votent tout, des fois ils ne votent rien. C'est vrai que c'est très compliqué» admet l'intéressé, qui reste toutefois assez sceptique sur les chances de succès de ses opposants.
«Une main tendue»
«Je me fais surtout du souci pour le vote du compte administratif» avoue-t-il. Parce qu'ici, les élus d'opposition seront majoritaires d'une voix. Celle du maire ne pouvant, dans ce cas, être prépondérante puisqu'il est légalement obligé de sortir durant le vote. Il y a donc de fortes chances qu'on rejoue prochainement à Brossac ce qui s'était passé il y a quelques années à la communauté du Blanzacais, lorsque l'ancien président revanchard mettait des bâtons dans les roues à son successeur. «Mais je tiens bon, je ne baisserai pas les bras, assure Joseph Rousselière. J'ai encore pas mal de soutiens.» Le maire n'est d'ailleurs pas peu fier d'être parvenu à faire avancer le chantier de l'église et d'avoir mis au point, avec ses troupes, «une souscription publique qui marche très bien. ça, le groupe d'opposition n'a pas réussi à l'empêcher.»
L'équipe de Jean-François Baudet (Nadine Martinaud, Annick Soulard, Jean-Luc et Jean-Pierre Charbonnier, Joseph Largeau et Didier Maudet) n'entend pas, en réalité, paralyser la commune. «Nous voulons juste récupérer, pour l'un d'entre nous, le poste de premier adjoint, explique Didier Maudet. En janvier, nous avons tendu la main au maire en lui demandant cela. Il nous a opposé un non catégorique. Alors maintenant, nous écrivons au sous-préfet.» Et Joseph Rousselière de commenter: «Nous verrons bien, une dissolution ou des élections, ça ne se fait pas comme ça.» Et peut-être pas pour ça. «Parce qu'il ne faut pas se leurrer, ce que veut Jean-François Baudet, ce n'est pas récupérer sa place d'adjoint, mais bien prendre la mienne». La sous-préfecture, en attendant, a pris la requête très au sérieux. Elle devrait rendre son avis d'ici un mois.
9 avril 2009. Le maire Joseph Rousselière est désavoué par son conseil.
28 avril. Le premier magistrat retrouve la majorité. Il destitue son adjoint, Jean-François Baudet, qui fonde
un groupe d'opposition.
Septembre. Une conseillère démissionne et plus personne n'a la majorité.
21 décembre. Depuis la destitution de Jean-François Baudet, un poste d'adjoint est vacant. L'opposition demande sa suppression. Aucun accord n'est trouvé (sept pour, sept contre). La sous-préfecture décide le maintien des trois postes.
7 janvier 2010. L'opposition demande des élections pour le poste de premier adjoint. Elle considère illégal le «glissement» annoncé par le maire.
«Nous demandons la vérité»
Jean-François Baudet demande
«la vérité». Même depuis le Tchad
où il se trouve jusqu'à la fin
de la semaine, l'ancien premier adjoint au maire de Brossac campe sur ses positions. «Aujourd'hui, réglementairement, il n'y a plus
de premier adjoint à Brossac.
Le glissement des postes annoncé par le maire [le deuxième adjoint passé premier et le troisième, devenu second, NDLR] n'a pas de valeur.
Il n'y a pas eu de vote ni de décision.
Il faut donc élire un premier adjoint.
Le glissement ne pourrait se faire
que si un poste était supprimé. Or là, ce n'est pas le cas, puisque le sous-préfet a confirmé son maintien.» L'ancien adjoint, qui estime que
le conseil «est dans une situation
de blocage», attend des Brossacais qu'ils le sortent de là. «Cette élection que nous demandons, qu'elle soit complémentaire ou générale, clarifiera les choses. Et il est certain que si les électeurs ne nous donnent pas la majorité, j'en prendrai acte et je démissionnerai du conseil.»
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