04.07.2008
Benoît CAURETTE

Charles Audoin et toute son équipe entrent dans le vif du sujet. En octobre, ils feront un premier point • photo B. C
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La mue est à peine perceptible d'un point de vue extérieur mais elle est bien réelle. L'accueil touristique en Sud-Charente a changé et devrait encore évoluer. Depuis la formation de l'office de tourisme de pôle (OTP) ou plus exactement du «pôle touristique» du Sud-Charente, en février dernier, puis la récente dissolution des cinq offices de tourisme du territoire, il n'y a plus qu'une grande maison. L'OTP, dont le siège est à Aubeterre, et bien sûr ses antennes dans chacun des sept cantons (lire ci-dessous).
Si l'on en croit Charles Audoin, son tout premier président, cette «grande machine» qui regroupe une directrice (Noémie Pillet), une employée permanente et cinq saisonnières, est en «phase de test» cette année. Le temps de changer «la culture et les habitudes» de tous les acteurs touristiques qui avaient jusque-là tendance à travailler à l'ombre de leur clocher respectif. Idéologiquement, l'OTP est censé «mutualiser les moyens», dans l'optique «qu'à terme, toutes les antennes soient capables de diffuser exactement les mêmes informations, que ce soit à Barbezieux, à Montmoreau ou à Chalais», dit Charles Audoin, par ailleurs adjoint au maire d'Aubeterre et ex-président de l'office de tourisme local.
Les CDC encore très présentes
Pour y parvenir, la structure associative - membre de l'Union départementale du tourisme - dispose d'un budget annuel de 100.000 euros dont 30.000 ont été apportés par le conseil général. «Ce budget sera ensuite réajusté, quand nous aurons tiré un premier bilan, à la fin de la saison», annonce le président.
Les 70.000 euros restants ont en attendant été votés par les communautés de communes (CDC) du territoire qui gardent ainsi une certaine mainmise sur ce qui se fait chez elles. Elles décident notamment des horaires d'ouverture de leur antenne et sont également représentées dans un conseil d'administration un peu lourd. Vingt-quatre membres dont une moitié constituée d'élus et l'autre de prestataires touristiques.
Qualifié dès sa naissance d'«usine à gaz» par beaucoup, l'OTP ressemble en tout cas à s'y méprendre à l'organisme qui l'a porté sur les fonts baptismaux. Pas plus que le pays Sud-Charente, il n'est un organe de décision hiérarchique. Dans l'immédiat, il se contente d'accompagner ses antennes - via bientôt «des formations harmonisées» ou des «propositions d'outils» - tout comme le Pays impulse des dynamiques à ses CDC adhérentes. Sans trop rien imposer. Pour le nouveau patron du syndicat mixte, Jean-Yves Ambaud, «on est parfaitement dans l'esprit Pays avec ce pôle touristique». Et l'on comprend une fois encore que l'union de toutes les CDC du territoire en un seul bloc n'est pas mûre. Soucieux d'ailleurs d'éviter un trop rapide mélange des genres qu'il appelle élégamment «redondance», Jean-Yves Ambaud a refusé la proposition de la CDC du pays d'Aubeterre de faire de Charles Audoin un vice-président du Pays. Une décision que l'intéressé ne «veut pas commenter pour le moment» mais qui laisse tout de même un arrière-goût amer. Le patron de l'OTP, néanmoins, estime avoir mieux à faire: «Tout mettre en œuvre pour que le pôle touristique soit reconnu en tant qu'entité territoriale.» Et il y a vraisemblablement du travail.