Grand-Angoulême 
Ne comptez pas sur Dupuy et Berberian pour savoir ce qui se passera en janvier prochain au prochain festival de la BD d'Angoulême. Les deux futurs héros de la fête, élus Grands Prix par leurs pairs en janvier dernier pour l'ensemble de leur œuvre, d'Henriette à Monsieur Jean, sont encore plus cachottiers que les organisateurs. En Charente hier, pour commencer à préparer avec la scénographe Mélanie Claude l'expo rétrospective qui leur sera consacrée, l'indissociable duo est en revanche très prolixe sur l'univers de la bande dessinée. Extraits, sous la forme d'un «on aime, on n'aime pas».
... avoir été élus Grands Prix du festival d'Angoulême. Dupuy: «C'est pas tout à fait comme le Label Rouge pour le poulet, mais presque». Berberian: «T'aurais pas dû dire ça. Maintenant, c'est trop tard».
... le festival d'Angoulême. «C'est rare pour un festival, mais c'est autre chose qu'une foire aux bestiaux».
... Le principe de la sélection. «Une sélection de 50 albums et les Essentiels, c'est bien. ça permet aux livres d'exister plus longtemps que quinze jours, leur durée de vie aujourd'hui à cause de la surproduction du secteur. Le festival joue un rôle de passeur, de découvreur. Même nous, ça nous arrive d'être perdus devant un rayon BD, avec une telle surproduction».
... Les dédicaces, «en tout cas leur côté fétichiste un peu triste»: «C'est bien, parce que ça nous permet de rencontrer notre public. Mais on est un peu malheureux quand on voit des gens attendre pendant des heures, en mangeant des sandwiches. Heureusement, le festival, c'est autre chose: les concerts de dessin, les rencontres internationales, les master-class, etc.».
.... Les éditeurs qui n'ont pas lu les BD qu'ils publient. «Tout ce qui les intéresse, c'est d'occuper le terrain. Ils font énormément de tort à la BD. Il y en avait un comme ça, qui s'appelait Filippini, chez Glenat. Il a noyé des tas de copains dans des rivières de merde. A cause de types comme ça, on a cru au début des années 90 que la BD était morte. Les librairies spécialisées vendaient plus de chaussettes et de cravates que d'albums. On pourrait d'ailleurs peut-être créer un prix Filippini pour l'éditeur le plus pourri. Mais ça ne serait pas un prix, ce serait une corde».







