04.07.2008
Michel REBIÈRE

L'équipe décoration du comité d'animation a mis les bouchées doubles pour préparer la fête • photo M. R.
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La poutre est-elle assez grosse ?» Dans le dojo, Mireille et Béatrice s'interrogent. A leurs pieds, s'étale l'immense fresque de tissu peint représentant la façade d'une maison médiévale avec des boutiques, étals ouverts, au rez-de-chaussée, des dames aux fenêtres. «C'est le fruit d'un an de travail de l'équipe décoration du comité d'animation», indique Mireille. «En temps ordinaire, nous nous retrouvons toutes les semaines. Mais en ce moment, nous y sommes tous les jours.»
La date tant attendue approche. Dimanche, pour la treizième fois, Dignac va faire une plongée dans le temps pour revivre à l'époque du Moyen-Age. Le grand décor réalisé cette année va s'ajouter à tous ceux conçus au fil des ans. Il témoigne de la forte implication des bénévoles dans la réussite de l'animation. Le rendez-vous de cette année est dédié à James Marandat, une de ces humbles pièces maîtresses, disparu il y a quelques mois. Une allée bordée d'oriflammes portera son nom.
«Il y a tellement de troupes et de spectacles que nous ne pouvons faire la traditionnelle parade», remarque Jean-Claude Rambaud, le créateur de cette fête. Fidèle à son principe, le maître de cérémonie renouvelle le programme à 90 % d'une année sur l'autre. La plupart des troupes et compagnies, venues de France entière, se produiront pour la première fois à Dignac. «Je n'appelle plus les troupes. Elles me sollicitent. Notre fête a acquis une excellente réputation», se félicite Jean-Claude Rambaud.
L'an passé, la manifestation a passé pour la première fois le cap des trois mille entrées payantes, alors que les moins de 12 ans entrent gratuitement. Mais au-delà de son succès d'affluence, c'est l'ambiance populaire, familiale, joyeusement décontractée qui rend cette fête si agréable.
«En nouveauté cette année, nous aurons la présence d'un cercle d'escrime ancienne», annonce Jean-Claude Rambaud. Une douzaine de soudards vont s'occire en public façon guerre de Cent ans, dans une terrible mêlée.
Sur le pré aura lieu un tournoi amusant et décalé, de chevaliers qui ne manquent pas de chien. «C'est un spectacle unique en France», assure l'organisateur qui tient à ménager l'effet de surprise. Les «Cavaliers de l'amitié» offriront une exhibition équestre et les «Ailes d'Urga» une démonstration de fauconnerie à cheval.
Une myriade de spectacles
en déambulation
«Pour la première fois, nous avons le soutien de la Région au titre des arts de la rue», note Jean-Claude Rambaud. Cela explique le nombre particulièrement important de spectacles en déambulation qui sont proposés. Jongleurs, conteurs, échassiers, cracheurs de feu, ensorceleur, briseur de chaîne, comédiens seront entourés d'une foule de troubadours, musiciens et danseurs des compagnies «Pastourel», «Cauca Velha», «Fol Farandole». On croisera aussi des êtres fantastiques et quelque peu inquiétants issus de l'imaginaire médiéval. La «Mesnie de Montius» installera un camp qui permettra d'approcher le quotidien d'une troupe de soldats à l'époque de la guerre de Cent ans. Le camp de la «Compagnie du Loup» développera une ambiance plus pacifique et laborieuse avec ces étals de métiers anciens. Trente-cinq artisans prendront possession des échoppes couvertes de brandes. Les jeux moyenâgeux pour les enfants, les maquettes médiévales, le four à pain, les balades à dos de poney, les animaux en voie de disparition, l'expo de philatélie, la visite du jardin médiéval, offriront autant de pistes de découverte.
Parmi les vedettes de la fête, quatre cochons passeront la journée à se dorer à la braise pour être fin prêts pour la grande ripaille du soir. Elle s'accompagnera d'un spectacle de feu, création de «l'Arche en Sel». La soirée s'achèvera sur un feu d'artifice musical.
Dimanche à partir de 10h. Entrée 5 €, gratuit moins 12 ans. Dîner à 21h
(15 €, réservations: 05.45.24.54.15
ou 05.45.24.50.87.)