Les faits du jour en région 
Les chiffres définitifs viennent de tomber. La Charente compte 347.037 habitants au 1er janvier 2009 d'après le recensement réalisé par l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques). Un gain de population de 2,18% en dix ans dans le département. Mais la Charente reste le mauvais élève de la région (voir tableau), loin des moyennes voisines qui font du Poitou-Charentes la dixième région française la plus dynamique avec 5,13% de citoyens en plus pour un total de 1.724.123 habitants.
Ces nouveaux chiffres, déclinés par communes, départements et régions, sont une donnée primordiale pour chacune des communes françaises. Ils corrigent et remplacent une estimation qu'a déjà donnée l'Insee en 2006 mais qui n'avait pas la valeur de «population légale», indispensable pour les calculs de budgets notamment.
Les préfectures en déclin
Derrière ses 7.409 habitants gagnés depuis 1999, le département de la Charente est loin de connaître la même dynamique selon les secteurs. Le plus inquiétant reste la situation des deux principales villes. Comme les recensements partiels l'indiquaient les années précédentes, Angoulême et Cognac sont les seules grandes villes de la région (avec Châtellerault) à perdre de la population. Angoulême compte officiellement 42.096 habitants, soit une baisse de 2,4% par rapport au dernier recensement de 1999. Quant à Cognac, si la baisse est moins importante (0,6%), sa «population municipale» stagne à 19.409 habitants.
Soyaux, la troisième ville charentaise de plus de 10.000 habitants, est donc la seule de cette taille à gagner de la population, 206 âmes exactement pour un total de 10.386 habitants (+2,02%).
Quant à Confolens, la deuxième sous-préfecture de la Charente, elle perd une cinquantaine d'administrés pour 2.808 habitants au 1er janvier 2009. C'est le symbole aussi d'une Charente limousine où la population continue de diminuer, comme le montrent les chiffres négatifs des cantons de Champagne-Mouton et Confolens, alors que les cantons du nord du département sont également à la traîne avec une très faible progression (voir carte).
La deuxième couronne d'Angoulême en pointe
+11,6%. Le chiffre est spectaculaire mais le résultat n'est pas surprenant. Le canton de La Rochefoucauld, avec ses seize communes, connaît la plus grosse progression du département. Avec, comme symbole de ce dynamisme de la deuxième couronne angoumoisine, le «boom» de Taponnat. La commune compte désormais 1.396 habitants, soit 203 de plus en dix ans pour une progression de 17% sur cette période. C'est le record des 87 dernières communes recensées en 2008.
Déjà l'an dernier, Bunzac, autre commune du canton de La Rochefoucauld, détenait le record de progression avec 38% d'habitants en plus. Et Brie détenait aussi l'an passé un autre record, régional celui-là: parmi les communes de moins de 10.000 habitants, sa population brute était celle qui avait le plus augmenté avec 640 habitants de plus pour un total de 3.627 administrés (+21,4%).
Dans le même ordre d'idées, l'autre canton gagnant du département est celui de Saint-Amant-de-Boixe. Ses seize communes ont vu leur population augmenter de 10,1% alors que celui d'Hiersac progresse de 5,75%. Ces chiffres dépassent ceux de la première couronne. Les cantons de Soyaux (+3,95), Gond-Pontouvre (+3,8%), Ruelle (+5,2%) et La Couronne (+4,75%), confirment que la perte d'habitants de la ville d'Angoulême est plus que compensée par le gain constaté dans les communes voisines.
Cette analyse peut être reprise dans des proportions moins importantes du côté de Cognac.

Dynamique inégale autour de Cognac
Là aussi, derrière le déclin de la ville, les cantons résistent bien. Et notamment ceux de Cognac nord et sud. Avec une augmentation de 2,65%, ils profitent en particulier de la croissance de Châteaubernard qui gagne pas moins de 333 habitants en dix ans pour atteindre 3.869 administrés (+9,41%).
Même les 17 communes du canton de Jarnac, une ville qui a pourtant perdu 3,4% de sa population selon le recensement de l'an dernier, se maintiennent et gagnent au total 130 habitants (+1,05%).
Pas de «miracle» en revanche pour le canton de Segonzac (-1,3%) qui subit là certainement l'«effet vignoble» et la diminution du nombre d'exploitations.
La bonne demi-surprise du Sud-Charente
Dans le Sud-Charente, les chiffres sont un peu moins spectaculaires mais plus étonnants. Certains cantons sont loin d'être désertés. Le plus petit du département, celui de Brossac, gagne même 6,7% de population et compte désormais 2.168 habitants. Même chose pour celui d'Aubeterre (+5%) qui doit profiter de l'arrivée de Britanniques, ou encore pour celui de Baignes (+4,8%) avec notamment l'étonnante progression de Touvérac. La commune a grossi de 132 habitants (+22,8%). Reste que le chef-lieu recule nettement. Dans le sillage de Barbezieux-Saint-Hilaire qui perd 173 habitants et 4,2% de sa population. Le canton, composé de 17 communes, recule également de 1,25%.
Ces chiffres pourraient apporter de l'eau au moulin du préfet de la Charente qui aimerait voir les nombreuses communautés de communes se regrouper en quelques pays pour plus d'efficacité territoriale.


